Portrait d’un Thérondelois à Paris : Bernard Boussagol

Trente ans après son lancement, la Défense continue de dérouter certains visiteurs. Ses tours de verre et d’acier, sa signalétique improbable, sa faune sauvage… si vous éprouvez le besoin de retrouver le goût du pays, foncez au Café de France.

Encastré dans le centre Commercial des 4 Temps, le bistro fait face à la sculpture géante rouge de Kalder, structure de métal plantée sur l’esplanade.
«J’ai toujours voulu tenir un café à la Défense. Sans doute parce qu’au-delà du mélange des couches sociales, il y a un rythme qui n’empêche pas que se créent les contacts» explique Bernard Boussagol. Ce “deuxième génération“ a repris l’endroit en 1988. Son père était de Nigressere près de Thérondels, le village du Carladez qui porte sans doute le plus vieux tilleul de France.

La Défense, ses 130 000 cols blancs et ses milliers de visiteurs. A priori une telle massification d’humains ne peut que convenir à un bistro. Même s’il y a des machines à café à chaque étage. On est souvent tenté d’oublier l’atmosphère oppressante des bureaux paysagers, le ronron des imprimantes et le cliquetis des claviers et renouer avec la convivialité du zinc. Mais de fait les 35 heures ne sont pas forcément les bienvenues.
«Les gens travaillent tard le jeudi pour prendre leur vendredi.
Du coup, l’apéro de fin de semaine a tendance à disparaître.» La Défense n’a pas fait oublier à Bernard Boussagol son Carladez qu’il chérit plus que tout au monde pour y avoir passer son enfance comme nombre de petits rouergats parisiens réputés trop chétifs. Il est sans doute l’Aveyronnais le plus rapide de Paris pour rejoindre le pays. Il met en gros 1h45 pour rallier Thérondels aux commandes d’un avion ultraléger.
Décidément voilà un homme qui aime prendre de la hauteur.

 

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