HISTORIQUE DE L'EGLISE ABBATIALE
DE THERONDELS


Dans sa partie la plus ancienne, selon l’abbé Roquier, l’église de Thérondels remonterait à l'an 1000. «On le prouve par ces lettres ADM qui veulent dire Anno Domini Millésimo qui sont gravées sur la fenêtre de la chapelle St Blaise».
De fait, l'église est en grande partie de style roman XIe et XIIe siècle avec nef et chœur, remanié au XVe s.et XVIIe s. avec les chapelles latérales et le clocher.

Description des éléments
Le retable (et les statues de St Joseph et St Roch) date des années 1690 et 1691 . Ils sont la conséquence de la visite le 15 janvier 1669 de Mgr Voyer de Paulmy, évêque de Rodez, qui ordonna que l'église en soit pourvue. Le tout fut fait aux dépens des Dames de Blesle.
La Vierge Noire de Thérondels, dérivée de la majesté d'or de Clermont Ferrand a disparu en 1892 à la suite d’une exposition à Rodez ...
Les culots de l'église sont assez bien conservés : Suisse jouant de la flûte et du tambourin, buveur de chopine, mangeur de fouace, paresseux ...
La remarquable pierre à droite de l'autel symbolise la Trinité. On peut peut-être y voir la réminiscence d'un dieu gaélique..
Les chapelles du Rosaire (à droite de l'autel) et de St Antoine (à gauche) appartenaient à la puissante maison de Montheil.

Le clocher
a été construit en 1610 par Tardieu, maître maçon des Faux en Gévaudan. Le précédent clocher avait été détruit durant les guerres de religion par les calvinistes... où les partisans de la réforme tinrent la région dans la peur. A preuve, le 30 janvier 1575, Messire Pierre BOYER prêtre de Doux Albats dicte son testament :
« lequel voyant le temps de troubles et guerres auquel nous sommes et le danger d être tué pour raison de ceux de la nouvelle religion qui tous les jours sont en un village ou autre de la paroisse...»

En 1711, la grande cloche qui était fendue et qui pesait 14 quintaux, fut fondue. On en tira une petite qui est aujourd'hui à l'emplacement de l'ancien clocher.



Cette coquille témoigne de la présence d'une variante d'un chemin de Saint-Jacques

Sculpture antique tricéphale, antérieure à l'église, l'église a christianisé ce genre de sculpture païenne en y voyant la Trinité.

La Fraternité des Prêtres.
Au début du XVIe siècle, il existait à Thérondels une Fraternité de prêtres comme dans un quart des paroisses du Rouergue. D'après le livre de Camille Belmon commentant une visite pastorale de François d'Estaing, (1460 1529) évêque de Rodez, on compte : 40 prêtres fraternisant à Lagilole, 46 à St Amans-des-Côts, 52 à Entraygues et 50 à Thérondels...
Ces prêtres du bas-clergé issus de la région vivaient des arts mécaniques, des travaux des champs et assuraient l'exécution des pieuses fondations (messes quotidiennes, offices des morts)
Ils étaient peu instruits, la Fraternité leur permettait de créer un lien entre eux et de réglementer leur existence.
En 1626, ils sont encore 16 prêtres fraternisant à Thérondels
La coutume orale cite la maison A.Tarrisse (devant la mairie) comme lieu de résidence d'une communauté de prêtres.

 



Crédit photos : Pierre Soissons, office de tourisme du Canton de Mur de Barrez.

Le Christ de Thérondels
Il date du XII e siècle, il est d'une grande pureté et d'une extraordinaire beauté. Restauré il y a une dizaine d'année, il a retrouvé sa couleur originelle.
Taillé dans le noyer, il mesure 1,90 m avec 2 m d'envergure à l'horizontale.
On sait très peu de choses sur lui, si ce n'est qu'il est issu de l'atelier Vellave (Haute-Loire) qui a produit les Christ de Lavoute Chilhac et Lavoute-sur-Loire (43), St Flour et Montsalvy (15) et Salles la source (12) et celui du musée du moyen âge à Paris.
La présence des religieuses de Blesle (en Haute-Loire) à Thérondels est peut être une des explications de sa présence chez nous ? ...

 

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