|

«Placé
au bord d'un point d'eau et dans une clairière, Thérondels
a dû être habité très tôt,»
écrit Adrien Mestre dans le livre qu'il a consacré
à son village en 1989...«La tradition orale et
un auteur ancien précisent que pour notre bourg, le
nom viendrait de sa situation entre trois ondes ( tres
undellae en latin) : la Sinicq, l'Hirondelle, et le Brezons.
»
|
Texte
rédigé par l'équipe du Comité des Fêtes
à l'occasion du millénaire de l'église de Thérondels
D'après
l'abbé ROQUIER, curé de Thérondels de 1725
à 1772 et qui a laissé un manuscrit toujours en possession
de la paroisse, le bourg de Thérondels fut construit autour
d'une Abbaye de femmes fondée vers l'an 900 par Mme Ermengarde,
comtesse d'Auvergne, originaire de Blesle, aujourd'hui en Haute-Loire.
Or, il est permis de douter de cette origine. En effet d'après
G. SEGRET, l'abbé BOSC et plusieurs autres historiens, le
monastère de femmes qui donna naissance au village fut fondé
en l'an 1000 par Gilbert vicomte de Carlat, avec une dotation augmentée
au cours du XII°s. par Adhémar, évêque de
Rodez, Guillaume archidiacre et Guillaume, prévôt de
l'église Cathédrale de Rodez.
Le
monastère de Thérondels fut réuni à
l'Abbaye de Blesle placée sous le vocable de St Pierre et
sous la protection directe du Pape. en 1185 (Bulle du pape Luclus
II du 4 avril 1185 qui énumère les dépendances
de Blesle), Abbaye qui fut fondée par ...Mme Emingarde vers
l'an 880.
On peut donc penser que l'abbé Roquier a confondu les deux
fondations respectives.
Le monastère de Thérondels dépendra de labbaye
de Blesle à partir de 1185.
En 1284, le jeudi après Pâques intervient un accord
entre l'abbesse de Blesle et Henri, comte de Rodez et vicomte de
Carlat, acte qui fut renouvelé sans doute en
1293 au sujet de la justice à Thérondels.
L'acte accordait au comte le droit de commun de paix sur tous les
animaux, autres que pourceaux, exemptant de ce droit les villages
de Mandilhac, de Brugueyra et Blanquels, de Doux Albats et celui
de Bernard de Veyra.
Quant à la justice, il était stipulé que
l'abbesse aurait à Thérondels et dans les villages
qui en dépendaient le droit de connaître « des
causes réelles et personnelles, ban et correction de ban,
connaissance, punition, examen et exécution de tous crimes
du ressort du mixte-impère seulement »;
Et le comte « la connaissance de ce qui appartient au mère
impère, pour mutilation de membre et condamnation à
mort et au dernier supplice. »
De plus, l'acte stipulait que « les amendes seraient partagées,
que la punition des criminels aurait lieu sur les terres de ladite
abbesse et non ailleurs, que le comte ne pourrait dresser les fourches
patibulaires en vue de l'église de Thérondels mais
bien en tout autre endroit de la juridiction.
Qu'enfin la connaissance d'un larcin n'excédant pas dix sous
rodanois commis
entre mari et femme ou domestique lui serait interdite ».
Les religieuses y suivaient la règle de St Benoît,
leurs biens étaient administrés par des fermiers régisseurs,
on trouve les noms de Blaize de Montheil en 1500,Claude de Baud'huin
en 1648, Gaspard du Bousquet (qui avait entrepris la construction
d'un château au Cayrol), Jérôme Verdier, Verdier
de Peyrebesse, Raymond Bertrand...
La nomination du curé de Thérondels était laissée
aux abbesses.
En 1630, l'abbesse de Blesle nomme comme curé, un certain
Bathélémy Pages, originaire également de Blesle,
docteur en théologie et théologal à la cathédrale
de St Flour, ce qui ne le faisait que rarement résider à
Thérondels, cela provoqua le fort mécontentement des
prêtres de la communauté.
En 1353,le pape Innocent IV ordonne par une bulle, la réunion
au couvent de Blesle des différents prieurés dont
celui de Thérondels, toutes les religieuses sont réunies
à Blesle car la règle bénédictine n
est pas fidèlement observée et « il arrive trop
souvent que les prieures doivent pour leurs affaires de leurs monastères
fréquenter la cour des princes et des seigneurs et y contractent
de fort mauvaises habitudes ».
Les religieuses partent donc de Thérondels mais leurs biens
seront conservés et administrés jusqu'à la
révolution par leurs fermiers. On ne sait si elles sont revenues
vivre en communauté à Thérondels car l'abbé
Roquier écrit qu'au XVI° s., Henry II ordonne aux religieuses
vivant dans des monastères non fortifiés (comme Thérondels)
de les quitter pour des villes possédant des fortifications
afin de pourvoir à leur sécurité en ces temps
difficiles.
Les Dames étaient elles revenues entre temps ? ? ?
Cela étant, avec la suppression des prieurés en 1353
et la réunion des dames au Monastère de Blesle, un
accord est établi entre l'abbesse et les religieuses au sujet
du partage des biens et revenus.
L'accord de 1354, renouvelé en 1355 attribue aux dames religieuses
les revenus de Thérondels, « avec réserve au
profit de l'abbesse de la justice, juridiction, droits de vestir
et d'investir et des émoluments y attachés. »
L'abbesse perçoit toutefois une rente foncière de
cent livres à Thérondels appelée La Rendotte.
42 abbesses se succèderont à Blesle jusquà
la Révolution qui mettra fin au monastère et à
ses dépendances.
Il existe encore de nos jours deux présences du monastère
des dames : le Pré des Dames près de l'église
ainsi que le Moulin des Dames.
Pour
en savoir plus sur Thérondels, on pourra lire également
les deux ouvrages d'Adrienne Villaret :
L'histoire de Thérondels (1998)
Deux personnages historiques de Thérondels : Saint Gausebert,
fondateur du monastère de Laussac et le père Robert,
fondateur de l'hôpital psychiatrique de la Devèze.
Livres en vente chez Adrienne Villaret, 12600 Thérondels.
Encadré
sur les hameaux de Thérondels en l'an 1000
|